Examens

Examen régional N°9

Les juges sortirent, puis ils rentrèrent, et le président me lut mon arrêt.

– Condamné à mort ! dit la foule ; et, tandis qu’on m’emmenait, tout ce peuple se rua sur mes pas avec le fracas d’un édifice1 qui se démolit. Moi je marchais, ivre et stupéfait. Une révolution venait de se faire en moi. Jusqu’à l’arrêt de mort, je m’étais senti respirer, palpiter, vivre dans le même milieu que les autres hommes ; maintenant je distinguais clairement comme une clôture2 entre le monde et moi. Rien ne m’apparaissait plus sous le même aspect qu’auparavant. Ces larges fenêtres lumineuses, ce beau soleil, ce ciel pur, cette jolie fleur, tout cela était blanc et pâle, de la couleur d’un linceul. Ces hommes, ces femmes, ces enfants qui se pressaient sur mon passage, je leur trouvais des airs de fantômes.

Au bas de l’escalier, une noire et sale voiture grillée m’attendait. Au moment d’y monter, je regardai au hasard dans la place. – Un condamné à mort ! criaient les passants3 en courant vers la voiture.

Condamné à mort !

Eh bien, pourquoi non ? Les hommes, je me rappelle l’avoir lu dans je ne sais quel livre où il n’y avait que cela de bon, les hommes sont tous condamnés à mort avec des sursis indéfinis. Qu’y a-t-il donc de si changé à ma situation ?

Et puis, qu’est-ce que la vie a donc de si regrettable pour moi ? En vérité, le jour sombre et le pain noir du cachot, la portion de bouillon maigre puisée au baquet des galériens, être rudoyé, moi qui suis raffiné par l’éducation, être brutalisé des guichetiers et des gardes-chiourme, ne pas voir un être humain qui me croie digne d’une parole et à qui je le rende, sans cesse tressaillir4 et de ce que j’ai fait et de ce qu’on me fera ; voila à peu près les seuls biens que puisse m’enlever le bourreau.

1– édifice : un bâtiment. 2– une clôture : une fermeture. 3– les passants : les gens qui passent. 4– tressaillir : trembler.

I. ÉTUDE DE TEXTE : (10 points)

N.B : Répondez aux questions en formulant des phrases complètes chaque fois que cela est possible.

1) Recopiez et complétez le tableau suivant en répondant aux questions : (1 point)

Quel est le titre de l’œuvre ? : Le dernier jour d’un condamné

En quelle année a-t-elle été publiée ? : 1829

Qui en est l’auteur ? : Victor Hugo

Dans quel but l’a-t-il écrite ? : Le but d’abolir la peine de mort

2) Répondez aux questions suivantes pour situer le texte : (1 point)

a)– Dans ce texte, le narrateur est-il au Tribunal, à Bicêtre ou à la Conciergerie ?

Le narrateur est au tribunal.

b)- Pourquoi est-il dans ce lieu ?

Il est au tribunal pour être jugé. / Pour assister à son procès.

c)– Où la voiture noire l’emmènera-t-elle après ?

La voiture noire va l’emmener à la prison de Bicêtre.

3) Le narrateur décrit son état avant et après sa condamnation à mort. (1 point)

a)– Relevez les deux indicateurs de temps qui correspondent à ces deux moments.

Avant sa condamnation à mort : « Jusqu’à »

Après sa condamnation à mort : « maintenant »

b)– Dans quel état d’esprit le narrateur était-il à chacun de ces deux moments ?

Avant la condamnation

Un état d’espoir

« Je m’étais senti respirer, palpiter, vivre dans le même milieu que les autres hommes. »

Après la condamnation

Un état de désespoir

« Je distinguais clairement comme une clôture entre le monde et moi. »

« tout cela était blanc et pâle, de la couleur d’un linceul »

4) a)- En décrivant son état, quel sentiment le narrateur veut-il provoquer chez le lecteur ?

Il veut provoquer chez le lecteur un sentiment de compassion et de pitié.

b)- Quelle tonalité (ou registre) donne-t-il alors à son texte ? (0,5 point)

Il donne au texte une tonalité pathétique.

5) a)- Le narrateur porte sur le peuple autour de lui un regard positif ou négatif ?

Le narrateur porte sur le peuple autour de lui un regard négatif.

b)- Justifiez votre réponse par une comparaison tirée du texte. (0,5 point)

« … je leur trouvais des airs de fantômes. »

6) « Au bas de l’escalier, une noire et sale voiture grillée m’attendait. »

a)– Quelle est la figure de style employée dans cette phrase ?

La figure de style : la gradation.

b)– Cette figure de style met en valeur chez le narrateur, un sentiment de fierté, de malheur ou de colère ? (1 point)

Elle met en valeur chez le narrateur un sentiment de malheur.

7) Dites si les affirmations suivantes sont vraies ou fausses en justifiant votre réponse à partir du texte : (1,5 point)

Affirmations vrai faux Justifications du texte

Le narrateur n’est pas surpris par sa condamnation à mort. Faux Moi je marchais, ivre et stupéfait.

Le narrateur est un homme cultivé (de culture). Vrai je me rappelle l’avoir lu dans je ne sais quel livre.

Le narrateur avait reçu une bonne éducation. Vrai moi qui suis raffiné par l’éducation

8) a)- D’après les deux derniers paragraphes du texte, le narrateur accepte-t-il sa condamnation à mort ?

Oui, le narrateur accepte sa condamnation à mort.

b)- Relevez à partir de ces mêmes paragraphes deux arguments qui justifient votre réponse. (1,5 points)

-« … les hommes sont tous condamnés à mort avec des sursis indéfinis. »

-« Et puis, qu’est-ce que la vie a donc de si regrettable pour moi ? »

9) a)- Comment les passants se comportent-ils avec le narrateur après sa montée dans la voiture ?

Les passants criaient et couraient vers la voiture.

b)- Êtes-vous d’accord avec ce comportement ? Pourquoi ? (1 point)

Non, je ne suis pas d’accord car ce comportement montre la cruauté et l’insensibilité de la foule et accentue les souffrances du condamné.

10) D’après votre lecture de cet extrait, dites si le narrateur mérite d’être condamné à mort ?

Justifiez votre opinion. (1 point)

Le narrateur doit être puni pour son crime et payer sa dette à la société mais il ne mérite pas d’être condamné à mort car cette peine est inhumaine.

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